De quoi je me mêle ? Une analyse en réaction à la chronique du Soir de Rick Torfs.

Le jeudi 11 décembre 2008 - Michel Martens


Qu’ont donc ces derniers temps les Flamands à vouloir à tout prix le « bien » des Francophones ?
Après Rudy Aernouts et son « Lidé » dont nous avons déjà dit  tout le mal que nous en pensons, voici Rik Torfs, professeur à la K.U. LEUVEN qui dans une chronique du Soir de ce11/12/2008 , intitulé « Vive la France ? » évoque le sort futur des francophones en cas de réunion à la France. Il saisit par ailleurs la parution dans « le Point » du 4/12/2008 d’un article consacré notamment au rattachisme comme occasion à une réflexion de ce qui nous attendraient pauvres francophones de Belgique si nous cédions à cette tentation.
 
Voici les arguments développés par le professeur (de quoi nul ne le dit !)
Afin de tenter de faire comprendre aux lecteurs du Soir que les wallons sont quotité négligeable pour la France, il relève que l’article en question est publié dans la rubrique « Monde » du Point !

A cela, nous répondrons : Et alors, Monsieur le Professeur, faut-il vous rappeler que la Wallonie pour son plus grand malheur est toujours située en Belgique ! Qu’à ce titre, la Wallonie est jusqu’à nouvel ordre à considérer dans le « Monde ».

Que la France respecte contrairement à la Flandre, votre présente chronique en est une preuve de plus, le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat ou d’une Entité politique .

Ce qui ne veux pas dire que la France ne s’intéresse pas à la Wallonie ; l’abondance récente d’articles de presse, d’émissions de télé, et de sondages en est la preuve.

 

Vous évoquez la proposition du MR de Daniel Ducarme de faire bénéficier la Wallonie du statut du territoire d’Outre-Mer. Conformément à l’article 77 de la Constitution française pour prouver que la France considère la Wallonie comme un pays lointain et exotique.

Disons le tout net, vous êtes un malhonnête Monsieur le Professeur !

Ce n’est pas la France qui considère la Wallonie au rang de territoire « lointain et exotique » et les sondages tant du côté français que wallon  tendent à le démontrer mais Monsieur Ducarme  qui essaie de récupérer l’idée rattachiste, en la dénaturant de surcroît. 

Ainsi arriverai-t-il à convaincre les Wallons que c’est là la meilleure solution  pour sauvegarder leur bien être, une grande indépendance et surtout la pléthore de mandats pour lui, son fils et toute la classe politique (si possible MR) wallonne.

 

Les Flamands ne lâcherons jamais Bruxelles et l’Europe ne voudra jamais d’une capitale française.

Il n’est absolument pas certain que les Flamands ne seraient pas contraints de lâcher Bruxelles. La prise de position récente du Conseil de l’Europe à propos de la non nomination des 3 bourgmestres de la périphérie et la mise sous « monitoring »  de la Belgique est peut être un signe annonciateur de prises de positions fermes de l’Europe vis-à-vis de la Belgique.

Le pire pour la Flandre serait que soit organisé un référendum sur l’avenir de Bruxelles car s’il n’est pas certain que Bruxelles veuille devenir française, il n’y a au contraire pratiquement aucuns doutes que les Bruxellois ne veuillent pas devenir flamands. C’est en réalité cela qui vous fait peur, la perte de votre « capitale » !

 

la Belgique est un pays peu orgueilleux.

Allons donc, Monsieur le Professeur, il n’y a qu’à voir l’ardeur des politiques « belges » à vanter le modèle de concertation belge partout dans le monde pour démontrer cet orgueil.

Ne parlons même pas des Flamands qui depuis des décennies proclament à qui veut l’entendre leur supériorité par  rapport aux autres (les Wallons notamment) selon  la célèbre formule de Luc Van den Brande, « ce que nous faisons, nous le faisons mieux ! ».

 

Les Wallons deviendraient des oppresseurs car ils ne maîtriseraient  pas l’anglais.

Quel argument est-ce là Monsieur le Professeur ? Jusqu’à preuve du contraire et les positions récentes du Conseil de l’Europe tendent à le prouver, c’est la Flandre qui oppresse.  Rappelez–vous que la déclaration des droits de l’homme à ses origines dans la France post-révolutionnaire et non en Flandre ni nulle part ailleurs en Europe.

En outre, rappelons que c’est l’exigence des flamands de voir les Wallons parler le flamand  (-néerlandais) qui les distraits de l’apprentissage correct de l’anglais comme seconde langue avec pour résultat qu’ils ne maîtrisent au final aucune des ces deux langues !

 

Français, les wallons seraient détestés du reste du « monde ».

 Ne soyons pas ridicule voulez-vous. Il y a dans le monde 200 millions de locuteurs français et nombre de pays font partie librement de la francophonie. N’est ce pas là la preuve que le Français  et la France reste très appréciés !

 

Et pour conclure : vous écrivez, « Donc, chers amis francophones, choisissez le moindre mal. Ne quittez pas les flamands pour vous perdre en France ».

Votre conclusion, Monsieur le professeur, pue à plein nez la crainte.

La crainte de la Flandre de ne plus pouvoir exploiter à son profit la Belgique, son image et sa capitale, de ne plus pouvoir assujettir ces Wallons trop confiant en leur « amis du Nord ».

Votre crainte d’est de voir suite à la scission du pays, la Flandre perdre sa belle prospérité. On est jamais trop prudent n’est ce pas, gardons la Wallonie telle une poire pour la soif, sait-on jamais qu’elle se redresse sans votre aide (n’oubliez pas les revendications flamandes d’une régionalo-communautorisation toujours plus poussée des compétences socio-économiques fédérales) et qu’elle concède, bonasse qu’elle est, de partager avec vos petits vieux les fruits de son renouveau.

 

A ce point de l’histoire, il serait bon que la Flandre se rende compte  qu’elle récolte les fruits « de ce qu’elle a semé ! ».
 
Précisons que Rick Torfs est professeur de droit canonique  (des compétences en matière communautaire sans doute ) à la KUL  (Leuven), l'université flamande où, il y a 40 ans résonnait le " Wallen Buiten".
Sur le site général du R.W.F. : Chronique Torfs : un canular du Soir
Le Point du 04 12 2008 : Si la Wallonie devenait française    


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