La candidature
avortée d'un CD§V au Conseil de L'Europe
Le Soir de ce 13 mai titrait « Cuisant échec pour la Belgique » en évoquant le rejet de la candidature au secrétariat général du Conseil de l’Europe de Luc Van den Brande, ancien Ministre - Président de la Région flamande, éminence du CD&V, et grand pourfendeur de la convention - cadre …du Conseil de l’Europe relative à la protection des minorités.
Notons tout d’abord qu’il ne s’agit pas là d’un échec de la Belgique, mais bien d’un échec de la Flandre. En effet, celle-ci stigmatisée par divers organismes internationaux dont le Conseil de l’Europe, n’a rien trouvé d’autre que d’essayer d’infléchir de l’intérieur la position de celui-ci à son égard en postulant pour l’un des siens à l’un des plus importants postes de cet organisme.
Notons également que cette candidature a été déposée par le gouvernement belge avec l’assentiment de ses composantes francophones. On savait la Belgique le pays du surréalisme (selon la formule convenue) mais n’atteint-on pas là de nouveaux sommets ?
En effet, la ratification sur la protection des minorités avait été obtenue en 2001 (accords de la St Polycarpe ou du Lambermont) en échange de la régionalisation de la loi communale. A ce jour, seul le Gouvernement flamand refuse encore de voter cette ratification !
N’est-il pas piquant également de tenter de faire nommer au poste de Secrétaire général qui est censé défendre les positions du Conseil de l’Europe, un personnage qui se bat bec et ongles contre la ratification d’une convention du dit Conseil ?
Et Karel De Gucht de nous prendre, Wallons et Bruxellois francophones pour des idiots puisqu’il déclare, « s’il devenait Secrétaire général du Conseil de l’Europe, cela pourrait ouvrir des possibilités pour la convention sur la protection des minorités ».
Combien de fois les Flamands vont-ils essayer de nous vendre la même potion ?
Il n’est nul besoin d’un Van den Brande au poste de Secrétaire Général du Conseil de l’Europe pour voter la ratification au Parlement Flamand. La volonté des députés régionaux flamands et le respect des accords antérieurs suffisent amplement !
Notons également que nos éminences francophones sont bien discrètes sur cette affaire. Seuls, six parlementaires francophones ont pris la plume pour dénoncer cette ignominie auprès des représentants des 47 pays membres du Conseil. Ceux-ci ne s’y sont pas laissé prendre puisque 40 ont voté contre Luc Van den Brande et 7 pour !