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I. Préparer l’avenir de la Wallonie par son union avec la France1. En Wallonie et à Bruxelles, une nouvelle force politique est nécessaire pour préparer l’avenir. Ni la crise des nationalités qui déchire l’Etat
belge ni l’évolution institutionnelle ne sont terminées. La Flandre n’a
renoncé à aucun de ses objectifs.
L'Histoire n’est pas finie — les événements survenus en Europe depuis
quinze ans le démontrent — et le Mouvement wallon sera une nouvelle
fois appelé à indiquer le chemin à suivre, comme il le fit en 1940, en
1945, en 1960 et dans les années 1970.
Ce chemin c’est celui d’une future union de la Wallonie avec la France, sous une forme à négocier. Dans cette perspective, plusieurs associations politiques et mouvements
de Wallonie ont constaté que leur dispersion entraînait un affaiblissement
de leur message. Ils ont dès lors décidé de s’unir pour créer ensemble un parti politique, le RASSEMBLEMENT WALLONIE-FRANCE (R.W.F.) qui sera présent en Wallonie, mais aussi à Bruxelles sous le nom de RASSEMBLEMENT BRUXELLES-FRANCE (R.B.F.).
2. En invitant les Wallons à s’orienter vers la France, le R.W.F. tourne résolument le dos aux compromis institutionnels prétendument providentiels et jamais définitifs qui, le plus souvent, ne furent que des capitulations francophones. Le R.W.F. ne jouera pas l’alternance particratique, mais bien l’alternative radicale. En Wallonie et à Bruxelles, le R.W.F. est désormais la seule véritable opposition au système belge. 3. Le R.W.F. est un rassemblement pluraliste d’hommes et de femmes
venus des divers horizons de la société, de la gauche démocratique à la
droite démocratique. Tous ont en commun un même objectif : libérer la
Wallonie et Bruxelles du double fatalisme qui les paralyse.
Fatalisme politique d’abord, qui voudrait que les Wallons et Bruxellois
s’inclinent toujours devant la majorité flamande et que les injustices
imposées — notamment à Fourons et dans la périphérie bruxelloise
— soient irréversibles.
Cette double résignation, le R.W.F. la refuse, parce qu’elle reviendrait à
nier l’existence même de la Wallonie et de Bruxelles, et parce qu’elle signifierait que toute volonté politique, par avance, serait vaine.
Le R.W.F. est donc le parti de la nouvelle Wallonie, de la jeune Wallonie,
celle qui refuse la domination et veut se tenir debout.
Le R.W.F. veut que la jeunesse de Wallonie et l’espoir se donnent rendez-
vous. Son ambition : c’est, pour chacun, l’épanouissement personnel par
l’emploi et par la culture ; et pour l’ensemble des Wallons : la dignité, un projet pour l’avenir, une communauté de destin.
4. La majorité flamande n’a plus de projet pour la Belgique et la Belgique
n’a plus de projet pour la Wallonie. Wallons et Bruxellois doivent donc
savoir que la Belgique n’est pas et ne peut pas être leur horizon indépassable.
Le R.W.F. n’a certes pas pour mission de prophétiser la date de la fin
de la Belgique, laquelle sera probablement décidée par la Flandre, le moment venu, lorsqu’elle le jugera de son intérêt. Le rôle du R.W.F. est d’ouvrir les yeux et d’éveiller les consciences. L’Europe doit savoir que si la Wallonie et Bruxelles ont une communauté de destin avec la France, elles restent clairement ouvertes à des coopérations intenses avec toutes les autres nations d’Europe, y compris avec la nation flamande.
La Belgique n’a jamais été une vraie nation. Elle n’est presque plus un
Etat. Les vices de fonctionnement et les crises récurrentes des pouvoirs en place dénoncent l’impuissance quasi congénitale d’un appareil d’Etat qui par ailleurs est miné par le nationalisme flamand.
Par exemple, les circulaires Peeters-Martens ont montré qu’il n’y a pas
d’arbitrage fédéral efficace.
Périodiquement, la Flandre remet en cause les accords les plus solennels
ou marchande une deuxième fois et à son avantage des compromis déjà conclus. D’une manière générale, la Flandre considère que la réforme de l’Etat n’est jamais achevée.
En vérité, la Flandre, qui est une nation, possède aussi les éléments
constitutifs d’un Etat. Voulant devenir Een Vlaamse Staat in Europa, elle
prépare de facto son indépendance. Un jour, il apparaîtra qu’il n’y a pas
place pour deux Etats (Flandre et Belgique) sur un même territoire.
C’est pourquoi il appartient aux Wallons et aux Bruxellois de préparer
leur avenir. Celui-ci ne résultera pas d’une nouvelle négociation communautaire décidée et imposée par la Flandre. La Wallonie doit avant tout
retrouver et réhabiliter sa véritable identité nationale qui est française.
Ce fondement national préalable n’est pas celui du nationalisme ethnique
lié au sang ou au sol, mais bien celui d’une adhésion volontaire à un projet politique et culturel global et ce projet n’est autre que celui de l’idée française, républicaine, de démocratie dans la liberté et l’égalité.
C’est donc en fonction de cette conception de notre identité nationale
qu’il faudra organiser le nécessaire rassemblement de nos deux régions, Wallonie et Bruxelles, avec la France. Cela signifiera une négociation soumise à référendum. Pour Bruxelles, un statut particulier peut être
envisagé. Quant aux populations de Fourons, des six communes de la
périphérie bruxelloise et des communes germanophones, elles seront bien entendu consultées sur leur statut dans le cadre d’un référendum sous contrôle international.
Le R.W.F. demande aux Wallons de rejeter le comportement de l’autruche
qui consiste à ne pas accepter la réalité et à ne pas se préparer à l’affronter. S’ils en ont la volonté, les Wallons peuvent encore maîtriser leur destin.
En rejoignant la France (dont elle procède par la langue, la culture,
la civilisation et qui est aussi la quatrième puissance économique du monde), la Wallonie sera plus forte et plus viable, plus sociale et plus libre. Et cela sans perdre pour autant son identité patrimoniale, ses spécificités, sa personnalité propre.
5. Les quatre partis traditionnels ont pour objectif majeur de gérer le
présent et à cette fin d’occuper alternativement le pouvoir ou son apparence
dans des gouvernements de rencontre et de circonstance. Ils ne
peuvent pas produire par eux-mêmes les réactions indispensables pour
corriger les défauts de leur vision à court terme, pour combattre leur
propre démission ainsi que celle des élites, et pour préparer l’avenir.
Non seulement ils ne peuvent pas produire ces réactions salvatrices,
mais ils s’emploient à bercer l’opinion d’illusions, à la chloroformer, à la normaliser : l’affirmation récente des partis wallons de gouvernement selon laquelle la Flandre a changé est digne du Docteur Coué et ne
repose pas sur une base réelle. On sait en effet que les objectifs fondamentaux
du Parlement flamand ont été intégrés dans le programme officiel du nouveau Gouvernement flamand. On sait aussi que la majorité nationaliste du Parlement flamand va accentuer sa pression pour la mise en oeuvre de ce programme.
Le néo-belgicisme des quatre partis francophones officiels vise à créer
de toutes pièces une euphorie qui pourrait ressembler au lâche soulagement qui a suivi les accords de Munich. Il s’agirait ainsi d’assoupir la vigilance des Wallons et des Bruxellois en vue de préparer les nouveaux compromis qui masqueront en réalité de nouvelles concessions et de nouvelles défaites. S’annonce ainsi la dislocation prématurée du pseudo Front du refus alors que la pression nationaliste flamande ne fera que croître.
C’est pourquoi, dès maintenant, le R.W.F. en appelle à la vigilance redoublée des Wallons et des Bruxellois. D’ores et déjà, il organise ses structures et se prépare à présenter des listes de candidats à l’occasion des prochaines élections.
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