III. Préparer le bien-être en refusant les illusions de la mondialisation


1. Le bien-être économique et social des Wallons sera mieux garanti par l’union avec un grand Etat digne de ce nom, la France, deuxième pays exportateur, quatrième puissance économique du monde, pays organisé et structuré, et doté d’une tradition sociale forte.

Le R.W.F. considère qu’il faut mettre un terme aux dérives et aux illusions du néo-libéralisme et de son produit, la mondialisation.

Il refuse ici également la résignation qui semble caractériser les partis de pouvoir, de la droite traditionnelle à la social-démocratie. Le R.W.F. dénonce la conjonction de la puissance américaine dominante et d’une Europe néo-libérale. Il en résulte une destruction progressive, mais systématique des services publics, du rôle régulateur de la puissance publique et de la volonté collective en tant que contrepoids et correctif aux lois du marché et aux inégalités. Or, ces instruments avaient été mis en place dans la plupart de nos pays européens tout au long d’un siècle de luttes sociales et politiques. Aujourd’hui, la mondialisation des marchés et l’empire du commerce s’accompagnent partout de phénomènes socialement coûteux tels que délocalisation et précarisation des emplois, dégradation de l’environnement planétaire, accroissement des fractures sociales et donc des instabilités et des désordres. Les sociétés fragilisées résistent de plus en plus mal à l’uniformisation culturelle et à une certaine
normalisation des esprits. Demain la jeunesse du monde risquera de payer cher les conséquences politiques et morales de la perte d’idéal et de projet : dépolitisation, succès des extrémismes, développement des intégrismes. Mais aussi progrès des doctrines du vide, du relativisme, de l’hédonisme.

Pour combattre ces dérives, il faut assurer le vrai retour du politique et la remise en valeur du culturel.
 
2. La justice économique et sociale - tout comme le développement de l’emploi - sont loin d’être spontanés. Ils requièrent, eux aussi, pour être mieux garantis, une union de la Wallonie avec la France.
 
D’une manière générale, le progrès économique et social présuppose des instruments forts sous forme d’Etats-Nations structurés et administrés en fonction de l’intérêt général. Cela ne signifie pas, au contraire, que ceux-ci ne peuvent pas déléguer certaines compétences à la communauté internationale ou à des organisations régionales d’Etats. A la condition toutefois que des Etats-Nations dignes de ce nom sous-tendent la puissance de la communauté internationale et que celle-ci soit dotée de volonté, de moyens, et qu’elle soit contrôlée. Alors seulement pourront être imposées avec efficacité des normes sociales et environnementales aux systèmes productifs ainsi que des correctifs au libre jeu des lois du marché qui déstabilisent aujourd’hui les économies et les sociétés les plus faibles.

3. Pour le R.W.F., il ne s’agit pas de faire des concessions à l’étatisme et à la bureaucratie. Il s’agit de rétablir le rôle de l’Etat comme stimulateur de la production, comme régulateur de la justice sociale et comme garant des libertés. La vague de privatisations est allée trop loin. Sous le gouvernement Dehaene, ont été privatisés (le parti socialiste qualifiant ces opérations de consolidations stratégiques) : les trois institutions publiques de Crédit dont la CGER, la Régie des Transports maritimes, la Sabena, Belgacom (à une voix près), sans oublier l’introduction de Fortis dans la Banque de la Poste. A court terme, le nouveau gouvernement va tenter de privatiser complètement Belgacom, la Loterie Nationale et la Sabena, et ensuite, sans doute par étapes, il vendra au privé la Poste et les Chemins de fer.

Pour le R.W.F., il est nécessaire de préserver le service public là où il existe, étant bien entendu que son efficacité doit être systématiquement améliorée. Le R.W.F. s’opposera donc aux privatisations qui seraient contraires à l’intérêt général même si, comme c’en est le cas,
l’Europe ne cesse de pousser inconsidérément les Etats dans cette direction.

4.La création d’entreprises : investir pour exporter, mais sans négliger de développer le marché intérieur.

Les entreprises wallonnes sont trop peu nombreuses et trop petites dans le secteur des P.M.E. (Petites et moyennes entreprises). Il faut accroître leur taille, leur nombre, leur diversification. La conquête de marchés extérieurs en Europe et dans le monde doit être l’un de leurs objectifs majeurs, pour autant que le marché intérieur ne soit pas négligé. Le marché intérieur est celui qui permet de consommer, de mieux vivre, de créer des emplois.

Il importe par conséquent de recréer en Wallonie un climat positif en faveur de l’entreprise et de la production. Le problème n’est plus tellement de garantir la liberté d’entreprendre que de développer le goût d’entreprendre en réduisant les entraves, conditions, lourdeurs et pénalités administratives.

Des contrats clairs doivent être passés avec les branches ou les secteurs vis-à-vis desquels les pouvoirs publics maintiendront leur fonction de relance et de réactivation quand cela s’impose.

Une programmation salariale à moyen terme doit viser à une hausse substantielle des bas salaires afin de décourager certaines situations de chômage de longue durée, mais aussi en vue de contribuer à la nécessaire relance de la demande intérieure.

Parmi les mesures prioritaires à prendre en faveur des entreprises, il faut citer la maîtrise des coûts de production et le développement de la recherche.

5. Effacer les séquelles du passé.
 
Le territoire wallon a souffert de son histoire, des guerres, des cicatrices de l’industrialisation, du désaménagement du territoire,… Dans certaines zones, l’habitat est vieilli et malsain, et son implantation incohérente. Dans le cas du Hainaut, les fonds de l’Objectif 1 auraient été mieux utilisés s’ils avaient été prioritairement concentrés sur la restauration de l’habitat et des paysages dans le vieux sillon industriel. Dans les zones plus favorisées, une plus grande rigueur urbanistique, une meilleure protection des zones vertes et agricoles, et la préservation de l’espace de plus en plus rare s’imposent absolument.


6. Confirmer les convergences économiques avec la France.

Il ne faut plus démontrer la convergence économique entre la France et la Wallonie. D’une manière générale, on peut dire que les investisseurs français connaissent nos entreprises et les atouts socio-économiques et infrastructurels de la Wallonie.

Entre France et Wallonie, la coopération et l’intégration transfrontalières doivent être intensifiées.


Il s ‘agit d’accentuer et de valoriser une proximité de fait par une politique active d’aménagement du territoire qui intègre davantage la France et la Wallonie et plus particulièrement leurs régions limitrophes. A cet égard, il faut combler les lacunes qui subsistent en matière de communications et de transport, mais aussi de coopération universitaire, culturelle, touristique. Ainsi sera valorisée la position de la Wallonie en

Europe, surtout si elle donne d’elle-même une image plus attrayante, plus positive et plus volontaire. 


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