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IV. Préparer la justice sociale par la protection sociale1. L'augmentation de la pauvreté et des inégalités, les exclusions, la brutalité de la société à l'endroit des faibles, l'insécurité pour les personnes âgées ou isolées, créent un climat de déstructuration du tissu social. Les valeurs humanistes et les libertés sont menacées.
Le R.W.F. croit que cette situation impose un retour véritable au politique, c'est-à-dire la reprise en charge de la société par elle-même, au travers d'une réhabilitation de la volonté collective. L'un des objectifs de celle-ci doit être de consolider le concept de protection sociale au sens large : elle n'est pas seulement un dispositif qui corrige les inégalités, elle doit aussi consister en un système globalement préventif qui assure à chacun une formation, un accès à la culture, à l'emploi, à la santé, à l'environnement et à la sécurité. Tout en reconnaissant la valeur des formes privées de solidarité individuelle, le R.W.F. affirme que la justice sociale exige une solidarité organique conçue comme la réponse à des besoins et à des droits humains exprimant une volonté collective. Elle est donc le premier des services publics qui doit être rendu par l'Etat au travers d'une sorte de contrat passé entre lui-même et les citoyens. La protection sociale est un droit, elle ne peut être privatisée. La justice sociale passe aussi par la création d'emplois pour le plus grand nombre, car il est évident que nos taux élevés de chômage contribuent à la déstructuration du tissu social, démoralisent les jeunes et fragilisent le système démocratique. La lutte contre la crise et les inégalités en face de la vie et de l'emploi est donc un puissant moyen de protéger la démocratie. Toute détérioration sérieuse et durable du niveau de vie pour des couches importantes de la population, jointe à la crise profonde des appareils d'Etat, peut engendrer des répercussions négatives, voire désastreuses, sur l'état de la démocratie ; car il n'a pas encore été prouvé qu'un régime de libertés peut se maintenir longtemps sur un champ de ruines sociales. Aux partisans de la dérégulation croissante et de la mondialisation sans règles, il faut donc rappeler que, historiquement et sociologiquement, c'est le progrès social qui est le meilleur garant de la démocratie et de la liberté. Bien entendu, il faut reconnaître qu'il n'y a pas de progrès social réel et durable sans un niveau suffisant de production de richesses, qu'il s'agisse de biens ou de services. 2. Une société moins brutale. Notre société exerce une violence permanente et brutale contre les plus faibles, contre les exclus, contre ceux qui n'ont pas réussi. L'image du chômeur (Gaston), qui tond le gazon pour les riches, est une insulte délibérée répandue par le gouvernement Dehaene. Nous refusons cette brutalité néo-libérale. De même, nous affirmons que la violence et les agressions doivent être combattues et réprimées. Ici également les problèmes de la sécurité sont et seront mieux pris en compte par un Etat organisé tel que la France que par un Etat sous-administré tel que nous le connaissons chez nous. Voir aussi
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