Un texte de Marianne sur les langues régionales - extrait
Relevé par Michel Martens
La vraie-fausse guerre des langues
Que les langues régionales fassent du patrimoine national,
nul n’en doute. Sans les multiples dialectes et parlers régionaux qui ont
fleuri au cours des siècles, le français ne serait pas ce qu’il est.Mais est-il
besoin de le rappeler dans
la
Constitution ? Les députés semblent le penser,
puisqu’ils ont proposé de le préciser dès l’article 1er de ce texte
fondateur de
la République. Cetteinitiative, parfaitement superfaitatoire, n’aura fait que réveiller l’Académie
française, qui a cru y déceler la charge d’une brigade de régionalistes
présumés.
Fallait-il vraiment en arriver là ? Si le français est
menacé (et il l’est), c’est plus par le déferlement de l’idiome anglo-saxon qui
balaie tout sur son passage, que par les langues régionales. Pour les mêmes
raisons, ces dernières ne seront bientôt plus qu’un lointain souvenir, comme le
rouet ou la voiture à bras. Plutôt que de rallumer de vieilles querelles, mieux vaudrait
s’inquiéter de ce vrai danger.
J.D. Extrait de Marianne 21au 27juin 2008 (n° 583)