Les Flamands, lesWallons, les Français et moi…un témoignage écrit par Alex extrait du forum de la Libre

Ce mercredi 6 août 2008 retenu par Michel Martens


Parmi les nombreuses réactions aux divers débats qui ont suivi le sondage du 29 juillet 2008.  Ci-dessous un éclairage qui n'engage que son auteur certes mais bien  intéressant que nous nous permettons de reproduire.
 
Les Flamands, les Français, les Wallons et moi...
Ecrit par Alex le 06/0/2008
 
Il y a quelque temps, en suite d’un post comme d’habitude pertinent, remarquablement étayé, et pour tout dire fort intelligent (comme d’habitude) que j’avais posté au sujet la profonde iniquité et fondamentale nullité du système fiscal belge, trois brillants esprits à l’argumentation étayée m’avaient répondu que « si c’est mieux ailleurs, bin vous zavez qu’à y aller ».

C’est ce que j’ai fait. En fait, on m’y a un peu poussé (non je ne suis pas en fuite au Brésil suite à un casse manqué), cela a commencé par un coup de fil d’un chasseur de tête londonien, alex, would you be interested in… etc., bref, me voilà, nous voilà devrais-je dire, dans le sud de la France.

Amis belges, pour les plus naïfs d’entre vous, amis wallons, francophones, flamands, germanophones pour les autres, j’ai envie de vous dire en toute amitié, et un peu mortifié car après tout j’ai cette nationalité, j’ai envie de vous dire combien, vu d’un peu plus loin, la Belgique est ridicule.

Rien qu’à vue de nez : Ces trois médiateurs, antiquités francophones, dont le seul rôle est de donner quelques jours de vacances au gouvernement. Leur rapport ne servira à rien. Et tout le monde le sait !

Et tout le reste, là, cette grosse usine à gaz. Ce pseudo équilibre fédéral qui, à force de multiplier assemblées, exécutifs, ministres, attachés, cabinets, administrations, déclinaisons de mammouths ministériels, voir les 30000 glandeurs des finances (un record en Europe) aux constellations d’assemblées blobs – à la participation toujours rémunérée, on n’est pas fou tout de même – cocof, cocom, coconnes diverses et variées fini de manger toutes les ressources d’un pays, toutes les recettes, volé le fric des citoyens, hypothéqués les services au citoyen et le mettant au service de l’administration...

Cette arrogance d’une flandre toute puissante qui, dans un élan schizophrénique, semble tout faire pour imiter la gestion publique belge des années 70, dépenses somptuaires, travaux publics pharaoniques, portes de la fonction publique grandes ouvertes, à l’heure ou l’on parle de crise énergétique, quelle réminiscence. Quelque chose me dit que dans quelques années cette arrogance sera calmée par simple effet de bilan. Patience.

Et la wallonie, le triomphalisme de ses édiles, ses statistiques tronquées pour cacher sa ruine et sa déliquescence, son enseignement le plus cher et le plus mauvais d’europe, ses nationalistes pathétiques défendant l’idée d’une wallonie génétiquement de gauche… Même les panneaux sur l’E411 sont ridicules, le « Entre deux berges, la Sambre gamberge ». Qui ne serait pas rouge de honte à l’affiche de telles conneries (et évidemment subsidiées)… Qui a écrit ces panneaux à la con ? Aux galères !
L’autre jour, en atterrissant à Zaventem-waar-vlamingen-heili-heilo-tralala, j’ai noté que l’avion survolait la ville. Au décollage, de même. Dans quel pays une autorité administrative choisit-elle de faire passer les mouvements aériens les plus dangereux au dessus des quartiers populaires d’une grande ville plutôt qu’au dessus de la campagne environnante, presque déserte, mais il est vrai parsemée ici et là des villas de bons flamands qui votent pour les gens à la tête de ladite administration ? Cela se passe au dessus de la capitale de l’Europe, au XXIeme siècle.

Non, vraiment, je peine à trouver un peu de ciel bleu dans cette grisaille. Et pourtant, Dieu sait si nous valons quelque chose. Vivre ailleurs, c’est aussi un moyen de prendre conscience de la valeur, du sérieux, de l’intelligence, même, des belges en général. Et de leur humilité, quoique mon propos puisse sembler paradoxal. Quel dommage que toute cette énergie soit gâchée par la mise en coupe claire d’une population, non pas à son propre service, mais au service d’une caste ayant instauré le profitariat en mode de gestion et l’élection prochaine en seul programme politique. En Flandre comme en Wallonie. En Flandre sans doute un peu moins, ou un peu moins visiblement.

Quel gâchis. Mais les faits sont là, et ils valent un lord maire comme le disent mes amis britanniques. Alors il faut s’adapter. Et s’adapter, diplômé ou non, jeune ou moins jeune, c’est parfois aller voir ailleurs. UK, Québec, US, Espagne, France, Asie pour les plus audacieux, je ne compte plus les gens de mes connaissances, souvent solidement diplômés, qui ont mis les voiles vers des terres de meilleures opportunités ou le mot travail et revenus ne sont pas des insultes, et ou votre quote-part à la société sert à rendre des services aux citoyens et ne prend pas la forme d’un racket pour l’entretien de certains.

La France, malgré ces défauts sans doutes immenses (et toujours plus marqués de l’extérieur) est un pays formidable. La France n’est pas un dinosaure immobile et inréformable socio-économiquement comme l’est la Belgique : elle est, contrairement à ce que disent ses habitants (râleurs éternels, ce n’est pas une légende), dynamique. Elle bouge, elle réfléchit, elle s’adapte, elle ose, elle réforme. Elle cause, aussi, beaucoup, elle débat… e pur si muove. A droite comme à gauche, parfois à mauvais escient, certes. Elle est fière et consciente de sa valeur. Et comme me le disait mon grand copain Stéphane (grand avocat fiscaliste, grand résistant à l’impôt qui a réussi un superbe montage faisant descendre son taux moyen à 30% pour un des revenus annuels de 150k€, bravo !), passant beaucoup de temps en France aussi, « c’est formidable un pays dont les gens sont fiers ».

C’est vrai. A mes amis wallons, je dis que la France est sans doute votre meilleure option. Pascal Delwit, apparatchik ULBiste, se rependait dans le figaro de ces derniers jours sur les irréconciliables différences entre français et wallons qui empêcheraient selon lui une réunion (centralistes contre régionalistes, compromis contre scrutin, etc.) Mais je pense que les seuls perdants de cette réunion seraient les strates de petits potentats locaux wallons de toutes sortes et espèces, parasites d’assemblées et abonnés d’intercommunales, qui ont fait de la wallonie leur confortable vache à lait. C’est pour entretenir cela, ne l’oubliez pas, que vous payez 15 à 30% d’impôts en plus que vos voisins.

Ici, dans mon petit village, à la sortie des écoles, les flics affrontent le cagnard aident les gosses à traverser en sécurité. Quand l’alarme de la maison de mon voisin a sonné, ils étaient là en 5 minutes. Eux, et pas une société de gardiennage que l’on paye en plus de ses taxes. A la pharmacie, chez le médecin, je ne paye pas un balle. Quand j’appelle les services communaux, ils se pointent, cela ne me coûte pas un balle non plus. Et vous savez la
meilleure ? Ici, il pleut 10 fois mois qu’à Bruxelles. Et l’eau de distribution est moins chère. Oui, vous ne rêvez pas. Il faut dire que la société de gestion dessert un département entier, et compte sans doute moins d’administrateurs qu’une intercommunale de 3 villages wallons.

C’est pour cela que l’on paye, et c’est tout cela, et d’autres choses (j’en passe : retraite légale plus élevée, chômage, qualité et accessibilité à l’enseignement pour tous les enfants, la fameuse « école de la république ») que doivent couvrir nos impôts, et non une fonction publique surnuméraire et des caisses de vins fins d’apparatchiks wallons.

A vous, qui en avez ras le bol, mais à qui on répète aussi que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs, je vous le dis : cassez-vous. Barrez-vous, mettez les voiles, allez voir ailleurs. L’herbe n’est pas toujours plus verte ailleurs. Mais elle l’est certainement plus que la jaunâtre petite prairie belge. Et vous aurez le plaisir de voir vos impôts mieux, voire bien, utilisés. C’est déjà ça. 


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