Si nous affirmons haut et fort tout
notre respect pour celles et ceux qui, pratiquant leur foi, se dévouent sans compter au service des autres, il y en a
fort heureusement à Namur, nous ne
pouvons cependant nous taire face aux derniers propos tenus par Monseigneur Leonard.
L'évêque Namurois qui lui,
pratique désormais le cantique de la Belgique éternelle et joyeuse écrit dans sa rubrique du journal flamand Katholiek
Nieuwsblad.
Les francophones doivent
abandonner leur complexe de supériorité
« Si les francophones, qui sont spontanément plus attachés à
l'unité de la Belgique que les Flamands, veulent, tout aussi légitimement, que
la Belgique se perpétue, il ne suffit pas qu'ils arborent des drapeaux belges
dans les rues. Il faut qu'ils renoncent à tout complexe de supériorité
linguistique. Chacun selon son propre rôle social doit apprendre à connaître et
à aimer la langue et la culture de ses voisins du nord. C'est le prix à payer,
sur le plan de la responsabilité personnelle, s'ils veulent que la Belgique ait
un avenir ».
L'évêque qui parle en tant que « Wallon », mais
qui apprécie beaucoup la langue néerlandaise et la culture flamande poursuit
ainsi :
« Souvent, les Belges
francophones perçoivent les revendications flamandes comme une agression. Sans
me prononcer sur le plan politique, je les invite cependant à ne jamais oublier
que, durant des siècles, la Flandre a dû lutter pour faire respecter sa langue
et sa culture. La Flandre a été pendant longtemps la victime de l'arrogance
francophone. Et l'Etat belge, né en 1830-1831, fut pendant un siècle
l'instrument d'une francisation active de la Flandre. Devenue la région la plus
prospère du pays, la Flandre désire légitimement affirmer sa spécificité
culturelle et son autonomie linguistique ».
Mais de quelle arrogance
affuble-t-il les wallons et les francophones ? De quoi doivent-ils encore se repentir ?
- D'intégrer et de parler le français qui était autant la langue officielle de la
Belgique de 1830 que celle de toute la diplomatie en Europe y compris celle de l' Etat du Vatican. Le français pratiqué
et imposé à tout le pays par la bourgeoisie dominante du nord comme du sud
issue du suffrage censitaire mais aussi par le clergé de l’époque ?
- De croire en cette Belgique au point de refuser
durant deux guerres, pour l’immense majorité d’entre eux, toute
collaboration avec les Allemands ?
- De rester cinq années dans les camps de prisonniers
nazis (1940-45) alors que
« leurs chers compatriotes » flamands étaient renvoyés dans
leurs foyers au bout d’un an ?
- D’accepter généreusement après cette sombre
période, d’investir dans l’essor économique et industriel de la
Flandre ? Et, quand le déclin est venu pour eux, de se débrouiller
naïvement seuls ?
Rappelez-vous, en pleine
crise de la sidérurgie wallonne (1981), le mot d’ordre de l’ACV (le syndicat
chrétien flamand) relayé par les responsables flamands :
« Plus un franc
flamand pour la sidérurgie wallonne"
- De
permettre le découpage linguistique
sans consulter les populations et ainsi laisser peu à peu tomber les
Fourons en attendant peut-être de lâcher les francophones de
Bruxelles ?
- De
laisser aujourd’hui avec générosité tous les leviers de la Belgique aux
mains de la Flandre afin qu’elle ne sente plus la victime de cette arrogance ?
Et maintenant, quelle ultime génuflexion nous conseille-t-il ?
- Peut-être,
nos enfants devront-ils, sous le couvert d’apprendre les langues (un
objectif généreux et nécessaire celui-là), intégrer la langue et la
culture flamande dès le "bac à sable" qui ce sera, bien évidemment, la seule
« option » langue disponible dans les écoles à l’exclusion de
tout autre.
Ultime contrition, ultime soumission pour que l’espérance toute
temporelle et bien terrestre de Mgr
Léonard se réalise : devenir le prochain Cardinal.
Encore que, comme il le précise lui même : La Belgique ne va pas "éclater".
« S'il faut déjà plusieurs mois pour négocier
la formation d'un gouvernement, combien d'années cela va-t-il demander pour
résoudre les problèmes qui se poseraient en cas de division du pays ?(...) Nous
resterons ensemble",.
Ainsi donc, deviendrait-il le prochain Cardinal de la
Belgique du « chaos durable » ?
Non décidément, perpétuer la Belgique à ce prix est bien plus
qu’une illusion : c’est un leurre!
Il est temps de proposer un véritable projet d’avenir pour
nos régions de Wallonie et de Bruxelles (si elle le désire).
Un projet d’union avec la France qui leur apportera une réelle solidarité entre
régions, la dignité d’être wallon et la fierté d’appartenir à une vraie nation.
Retrouvez les propos de Mgr Léonard dans le Vif L'Express ici