Pour une révolution courtoise

Philippe marsigny 29 mars 2011


  

Que s’est-il passé le 29 mars 1848 ? Mécontents du choix d’un roi, Léopold de Saxe Cobourg Gotha, pour occuper un trône tout juste érigé, des révolutionnaires belges (Wallons en majorité) s'étaient rassemblés à Paris pour tenter une invasion républicaine de la Belgique.
Le 29 mars 1848 alors qu’une cohorte de 1500 hommes essaie de rallier Bruxelles, elle est écrasée au Risquons-Tout, quartier de Mouscron situé à la frontière. Le gouvernement du roi Léopold Ier profita de l'occasion pour régler leur compte aux démocrates. On mit en scène une parodie de procès pour finir par condamner à mort 17 notables dont un avocat et politicien brillant, Charles Louis Spilthoorn.
 
Déjà, le 19 mars 1848, un drapeau rouge flottait sur la tour de l’église de Virton et une quantité de gens réclament la République. En 1830, durant la révolution belge, c'était le drapeau français qui flottait au même endroit surmontant le drapeau belge.
 
Et en février de la même année, Karl Marx, qui habitait Bruxelles, et dont les activités révolutionnaires lui valurent d’être expulsé du pays, écrivait ceci :
«Lorsque la révolution de février éclata*, elle trouva aussitôt son écho à Bruxelles. De très nombreuses personnes se rassemblaient chaque soit sur le Grand marché devant la mairie. Les bistrots de bière et d'eau de vie autour du marché étaient bondés de monde. On criait "Vive la République!", on chantait la Marseillaise, on s'assemblait, on poussait et on était repoussé. Le gouvernement se tenait coi en apparence. Mais il mobilisait les réservistes et rappelait les permissionnaires de l'armée dans les provinces. Il fit prévenir en cachette le républicain belge le plus en vue, Monsieur Jottrand, pour lui dire que le roi était disposé à démissionner au cas où le peuple le désirerait et il pouvait entendre cela de la bouche même du roi dès qu'il le voulait. De fait, Jottrand se laissa dire par Léopold Ier lui-même que, dans son coeur, il était républicain et n'opposerait jamais d'obstacles si la Belgique désirait se constituer en République. Il souhaitait seulement que tout se passe bien, sans effusion de sang et, au reste, n'espérait qu'une pension confortable pour lui-même!»
 
En 1989, la révolution de velours débuta en Tchécoslovaquie. Elle allait amener, pacifiquement, la séparation de la Tchéquie et de la Slovaquie.
 
Combien faudra-t-il encore de jours, de semaines, de mois, pour que les partis politiques traditionnels se rendent compte que la messe est dite ?
Une attitude responsable et prospective serait d’en prendre acte et préparer une séparation à l’amiable.
 
Combien de temps faudra-t-il ensuite pour que les partis traditionnels comprennent qu’un Belgique résiduelle n’est pas viable, non seulement économiquement, mais aussi par le « partage » des responsabilités politiques entre une Wallonie de trois millions et demi d’habitants et Bruxelles d’un peu plus d’un million ?
 
Combien de temps faudra-t-il encore pour expliquer les avantages d’un rattachement à la France, et le préparer ?
 
À tous ceux qui rêvent d’une vision de l’avenir riche, dynamique, et ouverte, à tous ceux qui rêvent de sortir dès maintenant de notre crise communautaire, à tous ceux qui rêvent d’une gestion citoyenne plus participative, qui rêvent d’une fierté retrouvée…
 
Je leur chuchote, je leur dis, je l’affirme haut et clair, je le crie…
 
Il y a une solution !  
La devise de la Belgique était : l’union fait la force. Osons l’inverse. Osons être fragile. Osons être respectueux. Osons la désunion.
 
Osons la révolution courtoise.
 
Et séparons-nous en bon terme.
 

* La deuxième révolution française qui proclama la Deuxième République.

 
 
 
 


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