Que n’ose-t-il pousser son raisonnement jusqu’au bout ?

Michel Martens 18 février 2011


Alors que les funérailles de Marie-Rose Morel sont cause de nouvelles tensions entre Flamands et Francophones, Dirk jacobs, sociologue néerlandophone à l’ULB et Pierre Verjans, politologue francophone à l’ULG sont amenés par le Soir  à livrer leur analyse sur cette nouvelle source de conflit.
Ainsi à l’une des questions posées M. Verjans répond ceci : « Ce qu’il y a, c’est que nous n’avons pas de « héros nationaux » du même ordre. Nous n’avons pas beaucoup de francophones connu ; dès qu’il le deviennent, ils montent à Paris et ils ne sont plus « francophones de Belgique ». Ceux-ci ont une histoire un peu bizarre d’une collectivité qui, d ‘une certaine manière, n’a pas d’existence collective. Il est intéressant de se rappeler que Jean Gol a plaidé la création d’une Nation francophone, .../... mais qu’en même temps, quand j’ai demandé à 600 étudiant de première année quel était l’hymne de la Communauté française, il n’y en a pas un seul qui a pensé à me dire qu’il n’y en avait pas. » 
 
Aussi pour ceux qui n’en ont pas ou plus le souvenir, petit rappel de ce que cette notion de « Nation francophone » représentait aux yeux de Jean Gol :
« Je souhaite que nous nous insérions chaque jour davantage dans l'Europe et dans l'espace français d'Europe. J'approuve entièrement le caractère privilégié des relations que,selon M. Spitaels, la Wallonie et la Communauté française de Belgique d'aujourd'hui et de demain (!) doivent entretenir avec la France »*
 
De fait, en 1994, une fois élu, Jean Gol ne cache pas son souhait de voir les trois députés européens du PRL rejoindre le groupe chiraquien.**  
 
De là à entendre que Pierre Verjans suggère que les Wallons et Bruxellois se tournent vers la France...
 
Et puisque nous en sommes à citer Jean Gol, voici un autre passage de son discours tenu le mercredi 13 janvier rue de Naples, à Ixelles lors de l’inauguration du nouveau QG du PRL.  
 
« Je souhaite aux Wallons et aux Bruxellois de ne pas perdre le Nord, commence le président du PRL. Hélas! la réalisation de ce souhait ne dépend ni de leurs jérémiades, ni de leurs concessions, ni de leurs exhortations. Il ne dépend que de nos compatriotes flamands et d'eux seuls »*.
 
Rien n’a changé sous le soleil.
 
Sources :
*Luc Delfosse, le Soir, samedi 16 janvier 1993
**Jules Gheude, François Perin, écrits et mémoires, pg164 
 
 


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