V. Préparer l’avenir de la jeunesse par l’éducation et la culture


C'est par l'éducation et la culture que les citoyens prennent conscience de leur identité commune. Dès lors, toute la politique de l'enseignement et de la culture, en Wallonie et à Bruxelles, doit faire l'objet d'un plan de convergence avec le système français. Un cadre est prévu pour un tel plan : l'Accord culturel signé par la Communauté française et la France en mars 1999. Il faut l'appliquer et préparer ainsi une intégration définitive.

1. C'est probablement en Belgique que l'implosion de l'espace politique a atteint son point culminant… Non-pensée, surmédiatisation, populisme généralisé, idéalisation du non-conflit et du consensus mou et donc du centre comme degré zéro de la politique, libéralisation du socialisme et social-démocratisation du libéralisme, soumission à la mondialisation et abandon de tout esprit critique à l'égard de l'emprise américaine sur les affaires du monde, européisme mécanique... Le conformisme belge repousse les idées dérangeantes, il a tendance à les considérer comme signes de rébellion, voire de déviance. La dépolitisation produit et reproduit la dépolitisation ce qui convient, du moins le croient-ils - à tort - aux partis de pouvoir. En vérité, la société se détache d'eux sans qu'ils s'en aperçoivent vraiment. Et si une partie de la presse perd des lecteurs, c'est peut-être parce qu'elle les abreuve continuellement de faits divers promus au rang d'Histoire et de destin. Pour que la politique soit pleinement repolitisée, pour que la société ose se regarder en face, pour que la morosité diminue et que la créativité renaisse, il faut remettre au premier rang l'éducation et la culture. Pour l'avenir de l'esprit public.

Pour le R.W.F., c'est l'école, c'est la politique culturelle, ce sont les médias qui doivent aider à produire une société meilleure et ce ne sera pas l'inverse, (aujourd'hui, beaucoup pensent à tort que c'est la société qui doit déterminer l'école et que l'école doit s'adapter à la société).

2. L'enseignement chez nous devrait davantage élever et promouvoir intellectuellement et socialement. Pour préparer l'intégration de notre système scolaire à celui de la France, le R.W.F. en appelle à une vraie restauration de l'enseignement (autorité et responsabilité des enseignants et des parents, qualité de la formation et des infrastructures, statut matériel et humain des enseignants rétablissant l'attrait de la fonction)... Le civisme doit être enseigné. Le concept d'éducation, actuellement rapetissé à la notion d'enseignement, doit retrouver sa vigueur et son ampleur. L'école doit être créatrice de société, lieu du creuset social,
moteur d'intégration et d'harmonie.

3. Le renouveau de la Wallonie passe par un grand renouveau culturel, dans le cadre français, en vue de l'épanouissement individuel et collectif. La création artistique, la mobilisation de la population pour la connaissance et la défense de son patrimoine, l'ouverture au monde sont indispensables à la création d'un nouvel esprit public.

La promotion intellectuelle, mais également sociale et professionnelle, implique chez les élèves une meilleure maîtrise de la langue maternelle, indispensable à tous égards dans l'existence quelle que soit la profession exercée plus tard. Ce n'est que sur une solide connaissance de la langue maternelle que doit reposer l'apprentissage des autres langues.

Le R.W.F. demande que soient mises en valeur les richesses culturelles régionales, telles que le wallon ou le picard, et d'une manière générale, l'ensemble du patrimoine culturel wallon.

Le R.W.F. souligne que l'identité wallonne et le patrimoine wallon ne sont pas contradictoires ou concurrentiels par rapport à l'identité et à l'appartenance françaises de la Wallonie. On peut et on pourra parfaitement être Wallon et Français, comme on est Alsacien et Français ou Provençal et Français. Il est par contre absurde, comme le font certains responsables politiques, de revendiquer un wallingantisme exacerbé négateur de notre identité française. Sans la langue française, principal sinon unique ferment et facteur de la personnalité wallonne commune, il n'y aurait pas de Wallonie. Les Wallons, tout comme les Bruxellois, doivent être mieux conscients de leur chance d'appartenir à la grande nation française et à la Francophonie, l'un des quatre ou cinq grands espaces culturels mondiaux susceptibles de peser sur la scène internationale dans le courant du prochain siècle. Ils doivent dès lors s'investir encore davantage dans la Francophonie, resserrer les liens particuliers qui les unissent à la France et aussi au Québec, à la Suisse romande, au Val d'Aoste, aux Etats francophones d'Afrique...


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